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Fait marquant

Des « protéines balais » pour réparer les dommages de l’ADN



​Des chercheurs de notre laboratoire révèlent un rôle jusqu'alors inconnu concernant la protéine Wss1 impliquée dans les mécanismes de réparation de l'ADN et mettent en évidence un autre niveau de contrôle de Wss1 dans la réponse aux dommages subits par l'ADN.


Publié le 25 novembre 2015
La réparation de l'ADN est essentielle à la survie cellulaire. Chaque fois que l’ADN est endommagé, plusieurs complexes protéiques détectent ces modifications et agissent pour le réparer. Des balises moléculaires ajoutées à ces complexes permettent de modifier leur activité afin de les réguler finement. La sumoylation est l’une de ces modification et implique l'ajout d’une balise moléculaire protéique appelée SUMO (Small Ubiquitin-like MOdifier), une famille de petites protéines d’une centaine d'acides aminés.

La sumoylation est connue pour réguler la dynamique des complexes de réparation et d’autres protéines de la chromatine. Cette modification est réversible et après réparation de l'ADN, les étiquettes de SUMO sont éliminées puis les complexes de réparation démontés. Une protéine appelée Cdc48 est connue pour son rôle dans l’extraction et la dégradation des complexes sumoylés. Mais ni son mode de fonctionnement ni le rôle que pourrait jouer d'autres protéines dans ce processus ne sont clairement définis.

Les chercheurs de notre laboratoire ont étudié le fonctionnement détaillé d'une autre protéine, Wss1, et sa contribution au catabolisme de SUMO chez la levure. Wss1 est une métalloprotéase nucléaire auto-inhibée dans les conditions physiologiques. Leurs expériences montrent que Wss1 aide à éliminer les protéines sumoylées liées à l'ADN en formant un complexe avec Cdc48. À la suite de dommages subits par l’ADN, Wss1 interagit avec la forme simple brin de cet ADN ainsi qu’avec les protéines sumoylées présentent. Cette interaction conduit alors à son activation. Wss1 clive les protéines associées, contribuant ainsi à leur extraction. Curieusement, les dommages de l'ADN entraînent également le transfert de Wss1 vers la vacuole, suggérant ainsi que l’autophagie, un mécanisme utilisé par les cellules pour dégrader les composants cellulaires endommagés, pourrait être impliquée dans l’extraction par Wss1 des complexes sumoylés du noyau.

Ces données révèlent un rôle jusqu'alors inconnu pour Wss1 et mettent en évidence un autre niveau de contrôle dans la réponse aux dommages subits par l'ADN. De possibles implications des protéines SUMO dans les maladies d'Huntington, d'Alzheimer et de Parkinson sont suggérées soulignant ainsi l’importance d'identifier les composants cellulaires spécifiques impliqués dans le transport de Wss1 vers la vacuole et d'examiner si ce mécanisme est conservé chez l’homme.


Les protéines coincées sur l’ADN suite aux différentes lésions sont sumoylées, clivées par la métalloprotéase à Zinc Wss1 et extraites à l’aide de Cdc48.

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