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Fait marquant

Des Micro-ARN dans le sérum, biomarqueurs de corticosurrénalomes



Nous montrons pour la première fois que des microARN sont des ma​​​rqueurs circulants d’un grand intérêt pronostique pour les patients porteurs de corticosurrénalomes. La découverte de ces nouveaux marqueurs non-invasifs et prédictifs de récidive permettrait d’améliorer la prise en charge du cancer corticosurrénalien.

Publié le 19 septembre 2013
Les tumeurs corticosurrénaliennes, classées en adénomes (bénins) et corticosurrénalomes (malins), peuvent être à l’origine de désordres endocriniens majeurs liés à une hypersécrétion d’une ou plusieurs hormones stéroïdes. Environ 50 % des corticosurrénalomes (CCS) ne sécrètent pas de stéroïdes et sont diagnostiqués à un stade tumoral avancé avec dissémination de métastases. Bien que rare, ce cancer pose de redoutables difficultés diagnostiques et anatomopathologiques. Son mauvais pronostic (taux de survie inférieur à 30% à 5 ans) est lié à des récidives locorégionales ou à distance. Le CCS bénéficie d’une thérapeutique limitée et le meilleur traitement des formes malignes reste l’exérèse chirurgicale.

Dans ce contexte, nous avons cherché à déterminer si la mesure des microARNs (miRNA) tissulaires ou circulants dans le sang des patients porteurs de CCS permettrait de prédire la récidive. Nous avons montré que l’ensemble des CCS se distingue des adénomes et des surrénales normales par une sous-expression de miR-195 et miR-335 au niveau tissulaire. Les CCS « agressifs » (récidivant dans les 3 ans après chirurgie) se distinguent des CCS « non agressifs » (tous les autres) par une surexpression tissulaire de miR-139-5p et de miR-483-5p. Des travaux récents ont montré d’une part, que des miRNAs circulent dans le sang chez l’homme et d’autre part, que le profil sérique ou plasmatique de certains miRNAs est modifié dans diverses pathologies y compris le cancer. Il n’existait cependant aucune étude de l’expression des miRNAs circulants au cours de la cancérogenèse corticosurrénalienne. Nous avons donc dans un deuxième temps quantifié les niveaux sériques des miRNAs trouvés dérégulés dans le tissu tumoral, puis a montré que miR-195 est effondré dans le sérum des patients porteurs de CCS comparés aux porteurs d’adénomes ou aux sujets sains. De façon tout à fait intéressante, miR-483-5p a été exclusivement détecté chez les patients porteurs de carcinomes récidivants ou métastatiques. Enfin, des taux détectables de miR-483-5p ou abaissés de miR-195 sont associés à des survies sans récidive et globale plus courtes.


Analyse de la survie sans récidive des patients porteurs de corticosurrénalome en fonction des niveaux circulants de miR-195 et miR-483-5p dans le sérum. Les patients ayant un niveau bas de miR-195 et un niveau élevé de miR-483-5p circulants récidivent plus rapidement que ceux qui ont un niveau haut de miR-195 et un niveau bas de miR-483-5p.
La survie globale des patients est également affectée. Les patients ayant un niveau bas de miR-195 ont une médiane de survie à 22,2 mois tandis que les patients un niveau élevé de miR-483-5p ont une médiane de survie à 16,7 mois (non illustré).

Cette étude montre pour la première fois que miR-483-5p et miR-195 sont des marqueurs circulants d’un grand intérêt pronostique pour les patients porteurs de CCS. La découverte de ces nouveaux marqueurs non-invasifs et prédictifs de récidive permettrait d’améliorer la prise en charge du cancer corticosurrénalien.

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